vendredi 7 mars 2008

La publicité sociétale est-elle un moyen de se donner bonne conscience?

Il ne se passe plus une journée sans que l’on cherche à nous sensibiliser à une cause sociale. J’en suis même venue à penser que des fois, tous les moyens sont permis pour soutirer notre sympathie. Jusqu’où une publicité sociétale a-t-elle le droit d’aller avant de tomber dans la démagogie? Il me vient en tête la publicité sur les maladies mentales, qui a été retirée des ondes dernièrement. Cette publicité a suscité de vives réactions de la part des spectateurs. Ces réactions ne provenaient pas du sujet abordé, mais de la façon qu’il avait été illustré.

Mis à part cette réaction, envers une publicité dont la violence a été jugée « gratuite », est-ce que cette publicité en soi a été comprise? Les gens ont-ils vraiment porté attention au message? Est-ce que les publicités sociétales et humanitaires conscientisent vraiment les gens? L’éternelle optimiste en moi voudrait croire que oui. Mais la publicité ne peut pas selon moi, vraiment changer les comportements et valeurs des gens.

J’ai la conviction personnelle que les publicités sociétales et humanitaires peuvent pousser un peu les gens vers une certaine conscientisation, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire une fois que le spectateur a fini de voir la pub à la télé. Je crois que le gros du travail par la suite reste encore à faire, et il réside dans tous et chacun.

La publicité et Hollywood: le duo rêvé?

L'image des vedettes est de plus en plus utilisée pour vendre, en publicité. Que ce soit pour vendre un produit ou faire la propagande d'une idée ou d'une cause, la place des célébrités est devenue un phénomène social dans le monde publicitaire. Il me vient en tête tant d'exemples: Halle Berry qui me vante les mérites d’un tube de rouge à lèvre, Jennifer Lopez qui tente de me séduire avec des sacs Louis Vuitton, ou Lise Dion qui veut me faire avaler son pain Gadoua. Il y a définitivement une valeur commerciale qui est liée au monde des célébrités. Du Québec à Hollywood, une chose est sûre: le marché des célébrités séduit les consommateurs.

Néanmoins, je m'interroge à savoir jusqu'à quel point une vedette peut influencer l'achat d'un produit, chez un consommateur. Le culte du vedettariat est-il devenu si important que les clients sont prêts à tout acheter aveuglement si un produit est vendu par une célébrité? Au Québec, on mesure le taux de célébrité d'un artiste avec «l'indice D», qui se calcule sur 10. Plus la note est élevée, plus l'artiste est «monnayable».

Cependant, le doute persiste dans mon esprit sur l'utilisation de célébrités en publicité. J'ai souvent l'impression qu'en utilisant ces gens «connus» du grand public, les grandes marques essayent de nous éblouir par une superstar monnayable, parce que leur produit comporte (peut-être) des lacunes. La présence de la vedette au cœur même du noyau créatif d’une publicité rend, à mon avis, la vente trop facile. Résultat? La création et l'originalité que pourrait tenir une publicité pour capter un consommateur sont passées au bistouri.

La mondialisation de la publicité: Le Québec peut-il emboîter le pas?

Depuis quelques années, je suis portée à croire que «l'âge d'or» de la publicité québécoise est bel et bien chose du passé. J'irais même jusqu'à dire que cette dernière n'est plus la manne qu'elle a déjà été. Au départ, elle a connu du succès grâce à son style, qui se voulait propre aux valeurs québécoises. De par ce fait, la publicité québécoise pourrait être perçue comme un prolongement du débat nationaliste, l'enjeu dépassant largement le cadre de l'industrie publicitaire. Je suis tentée de me dire qu'il s'agit du reflet de la culture québécoise actuelle qui, depuis quelques années, est moins dynamique.

La publicité du Québec se retrouve face à un mur depuis quelques temps. Je crois que cela s'explique par la forte mondialisation des marques et des compagnies. La publicité est souvent le premier domaine à ressentir les crises économiques et à en subir les contres-coups. Les grands annonceurs tentent dorénavant de rentabiliser le même message sur plusieurs continents. Un concept qui se traduit dans toutes les langues et dans toutes les cultures est perçu comme étant beaucoup plus lucratif.

Désormais, le mot «adaptation» rime souvent avec qualité, et ce au détriment de la création d'ici. Cette mondialisation de la publicité a de nombreuses conséquences. Du point de vue économique, ce sont les maisons de production qui se voient les plus touchées, mais il y a aussi les réalisateurs et les comédiens. Au final, je crois que l'heure est venue à la publicité d'ici de s'émanciper. Il est grand temps qu'elle prouve qu'elle a une place non seulement au Québec, mais aussi à l'international.